Rapport d'activités

 
BOUCLIER D’ATHÉNA Services Familiaux
Rapport Annuel d’activités et services
2009-2010 (du 1er avril 2009 au 31 mars 2010)

 

PRÉAMBULE

Nous sommes un réseau qui inclut deux centres de services à l’externe, une maison d’hébergement et un département de sensibilisation publique dont le but est d’informer les communautés sur la problématique de la violence familiale, les lois en la matière et les procédures policières. En plus du français et de l’anglais, nos services sont présentement offerts dans les 16 langues suivantes : amharique, arabe, arménien, bengali, créole, espagnol, farsi, grec, hindi, italien, punjabi, roumain, polonais, russe, ourdou et turc (sur appel).

NOUVEAU PROGRAMME ET SERVICES

  •  Nouveau service : intermédiaire culturelle : Nos intermédiaires culturelles sont des intervenantes communautaires dûment formées qui nous permettent de rejoindre les communautés et d’aider les victimes.
  •  Nouveau programme sur la violence sexuelle:  Cette année nous avons officiellement lancé notre toute nouvelle campagne incluant des outils multilingues sur la problématique de la violence sexuelle dans les relations intimes.
  •  Site Web :  Notre site multilingue informe sur nos services, activités et publications.

STATISTIQUES COMBINÉES : DÉMOGRAPHIE DE NOS SERVICES  À L’EXTERNE OFFERTS À MONTRÉAL ET À LAVAL

  •  484 individus ont bénéficié de nos services d’interventions et de soutien.
  • Nous avons reçu28,697 appels à nos bureaux de Montréal et de Laval.

PROFIL DE LA CLIENTÈLE

  •  96% de notre clientèle provient de différentes communautés ethniques.
  • 67% sont de Montréal incluant CDN, St-Laurent, Cartierville, Parc Extension, l’Est de l’île, Mile end et Lasalle.
  • 43% de nos cas, sont des familles monoparentales avec une mère cheffe de famille.
  • 49% sont des femmes âgées de 20 à 39 ans et 42% des femmes de 40 à 59 ans.
  • 52% de notre clientèle nous est référée des services sociaux tels  CLSC, hôpitaux, services de police et centres communautaires.
  • 43% de nos cas nous sont venus par le bouche à oreille et notre programme de sensibilisation communautaire.
  • 5% nous sont venus par la Maison d’Athéna.
  • 17% de notre clientèle ne pouvait s’exprimer ni en anglais ni en français.

SERVICES POUR LES FEMMES

  •  1,440 consultations téléphoniques
  • 845 cas de plaidoirie
  • 287 consultations individuelles
  • 46 cliniques légales
  • 64 accompagnements
  • 9 visites à domicile

SERVICES ET ACTIVITÉS POUR LES ENFANTS EXPOSÉS À LA VIOLENCE

  •  Nous avons dépisté 162 enfants exposés à la violence familiale.
  • 6 enfantsexposés à la violence conjugale ont bénéficié de notre nouveau programme d’art thérapie.
  • Nos intervenantes ont donné 18 consultations aux enfants et 9 consultations familiales avec les enfants et leur mère.  

SERVICES SPÉCIALISÉS DONNÉS DANS UNE LANGUE AUTRE QUE LE FRANÇAIS

  •  Groupes de soutien pour les femmes victimes donnés en grec et en espagnol.
  • Groupes de soutien pour les femmes victimes d’agression sexuelle dans le cadre des relations intimes donnés en anglais.
  • Notre service d’intermédiaires culturelles a été utilisé pour 97 consultations en arabe, farsi, russe et punjabi.

ACTIVITÉS POUR NOTRE CLIENTÈLE INCLUANT L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE

  •  Activités des fêtes : 17 décembre 2009.
  • Activités de Pâques : 31 mars 2009 : 115 personnes en ont bénéficié.

LEVÉES DE FONDS

  •  Le 13 mai 2009 : Lancement de notre campagne de souscription annuelle.
  • Le 8 novembre 2009 : 17e encan d’art annuel.

MEDIA & PROGRAMME DE SENSIBILISATION COMMUNAUTAIRE

MEDIA : 

  • Notre programme de sensibilisation communautaire sur la violence conjugale/familiale a été médiatisé par le Suburban et le Corriere Italiano ainsi qu’à l’émission télévisée Hella Spectrum (CJNT).
  • Le message d’intérêt public multilingue du Bouclier sur la violence sexuelle a été diffusé à CJNT Montréal, à Radio Centre-Ville et CFMB Montreal.

SESSIONS D’INFORMATION

  •  Violence conjugale/familiale : 19 info-sessions en français et en anglais 6 autres en langues ethniques pour un total de 482 participants
  • Violence sexuelle : 6 info-sessions donné en français et 5 en langues ethniques à un total de 129 participants.

 PRÉSENTATIONS

  •  14 présentations ont été faites auprès des donneurs de services du réseau existant présentant les services multilingues du Bouclier d’Athéna; un total de 437 personnes.

 RÉSEAUTAGE

  •  Le Bouclier s’est impliqué dans 12 comités de Montréal et de Laval.

ÉVÉNENEMENTS SPÉCIAUX

  • Montréal : Lancement d’une campagne de sensibilisation multilingue sur la violence sexuelle intitulée : «Est-ce que vous avez un secret?»
  • Laval :Conférence de presse sur la mise en services d’une info-ligne donnant des informations sur les ressources à Laval pour les victimes d’agression sexuelle en 13 langues. (le 24 novembre au quartier général de la police de Laval) .

IMPLICATION BÉNÉVOLE

  •  300 bénévoles nous ont donné 6,076 heures de leur temps.

FORMATION DU PERSONNEL ET DES BÉNÉVOLES

  • 2,497 heures ont été consacrées à la formation de nos employés, des bénévoles et des stagiaires.

COURS DE FRANCISATION

  •  56 personnes, représentant 24 communautés ethniques différentes, ont assisté à nos cours de francisation

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RAPPORT ANNUEL D’ACTIVITÉS À LAVAL
2009-2010 (DU 1ER AVRIL AU 31 MARS)

Nos bureaux de Laval ont reçu 5,646 appels cette année. Nos intervenantes ont traité  131 cas,  ce qui représente 25% de l’ensemble.

DE CES NOMBRES :

  •  100% étaient des femmes.
  • 69% étaient âgées de30 à 49 ans.
  • 65% s’exprimaient de préférence en anglais, 26% en grec et 6% enfrançais.
  • 40% étaient d’originegrecque et 53% autres telles : Arabe, hispanophone, arménienne et sud-asiatique.
  • 41% nous ont été référés par le bouche à oreille &30% des services sociaux existants et des organismes communautaires.
  • 32 enfants témoins de violence ont été dépistés.

SERVICE À LA CLIENTÈLE

  •  618 consultations téléphoniques
  • 24 références
  • 102 écoutes actives
  • 27 accompagnements
  • 120 consultations individuelles
  • 11 consultations jeunesse
  • 1 consultation familiale (mère et enfants)
  • 10 cliniques légales
  • 6 visites à domicile
  • 140 cas de plaidoirie

SERVICES SPÉCIALISÉS

  • Groupes de soutien pour les femmes victimes de violence conjugale en grec.
  • Notre clientèle a reçu un grand nombre de consultations en langues autres que le français et l’anglais.

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LA MAISON D'ATHÉNA: Rapport annuel  2009-2010
(Du 1er avril 2009 au 31 mars 2010)

La Maison d’Athéna a opéré toute l’année, soit 365 jours, 24h/7. Durant cette période nous avons hébergé  56 femmes et42 enfants.

ORIGINES ETHNIQUES ET LANGUES DE COMMUNICATION

39%des clientes que nous avons accueillies cette année à La Maisond’Athéna n’étaient pas citoyennes canadiennes; La plupart étaient des résidentes parrainées et non parrainées et quelques avaient un statut précaire : des demandeurs de statut de réfugiés, des réfugiées refusées ou des détentrices de visa de visiteur venues au Canada. Parmi les citoyennes canadiennes, 10 (29%) sont nées à l’extérieur du Canada. Dans l’ensemble 57% de nos clientes sont nées à l’extérieur du Canada.

 

 

statut

nombre

Citoyennes canadiennes

34

Résidentes permanentes parrainées

11

Résidentes permanentes non parrainées

7

Demanderesse du statut de réfugié

2

Détentrice de visa de visiteur

1

Réfugié refusé

1

total

56

 

 

 

lieu de naissance

nombre

canadienne de naissance

24 

nées à l’extérieur du pays

32 

total

56

Les femmes que nous avons hébergées provenaient de 27 différentes communautés ethnoculturelles; 32 de ces femmes, représentant plus de la moitié (57%), étaient issues de communautés autres que canadienne française, anglaise ou autochtone. 

e l’ensemble des femmes qui ont été hébergées cette année, 14%( 8 femmes) avaient de sérieux problèmes linguistiques et des difficultés à communiquer en anglais ou en français. Les langues parlées étaient les suivantes : arabe, russe, gujrati, hindi, espagnol, mandarin et tamil. Grâce à l’assistance des intermédiaires culturelles du bureau de Montréal, la communication avec les clientes a été grandement facilitée Les IC parlent arabe, arménien, espagnol, farsi, hindi punjabi, ourdou, roumain et russe.   Toutefois, lorsque certaines langues ne sont pas parlées par les membres de notre personnel, nous avons recours aux services d’interprètes de la Banque d’interprètes de l’agence. Cette année nous avons utilisé les services d’un interprète en dix occasions et pour une seule langue : le tamil.

l est à noter que le personnel de la maison d’hébergement parle diverses langues, permettant ainsi aux femmes que nous hébergeons de s’exprimer en leur langue maternelle.  À la maison d’hébergement nos intervenantes parlent arménien, créole, grec, hébreu, italien, roumain, espagnol, serbo-croate, anglais et français. Même si certaines clientes peuvent s’exprimer en anglais ou en français, le seul fait de pouvoir parler leur langue maternelle leur permet dans cette période de grande vulnérabilité de mieux libérer leurs pensées et leurs émotions. Les femmes hébergées à la Maison d’Athéna  s’exprimaient en 18 langues; naturellement l’anglais et le français ont été les langues les plus utilisées. Cette année les autres langues étaient l’arabe (16%),  l’espagnol (13%), l’ourdou (5%) et le créole (5%).

ÂGE DE NOS CLIENTES

Près du tiers  (30%) des clientes que nous avons hébergées cette année étaient âgées de 41 à 50 ans, tandis que la plupart d’entre elles (41%) étaient âgées de 18 à 30 ans. Détail concernant l’âge de nos clientes : 

 

 

Âges

Nombre

13-17

0

18-25

12

26-30

11

31-35

8

36-40

6

41-50

17

51-60

2

61 +

0

Total :

56

Généralement, les femmes sont plus jeunes que leur partenaire de 5 ans. Il est intéressant de noter que la différence d’âge entre le couple provenant de l’étranger est approximativement de 7 ans, tandis que la différence d’âge entre les couples canadiens de naissance est trois 3 ans.

 ENFANTS HÉBERGÉS

 

Âges

Nombre

Moins d’un an

4

1-4

18

5-8

9

9-12

5

13-15

4

16-18

2

Total :

42

Cette année nous avons connu une augmentation de 27% chez les jeunes enfants : 52% des enfants hébergés avaient entre 0 et 4 ans.Le plus âgé des enfants avait 16 ans. Les jeunes enfants requièrent un plus grand soutien de la part des travailleuses sociales. Notre hypothèse est que cette augmentation du nombre de jeunes enfants est liée à une augmentation de la vulnérabilité des clientes. En conséquence, une vulnérabilité accrue augmente le temps d’hébergement comme nous allons le démontrer dans la section suivante. (Merci de vous référer aux annexes sur les activités et les services pour les mamans et leurs enfants)

DURÉE DU SÉJOUR

La durée du séjour a augmenté de 8 jours cette année, une femme restant en moyenne 28 jours à la maison d’hébergement. Cela représente une augmentation substantielle de 40% comparativement à l’année passée! Ces longs séjours représentent un record pour notre organisme, puisque la durée moyenne du séjour était de 21 jours pour les cinq dernières années (2004-2009). La raison principale de cette augmentation est que les femmes dont il est question se retrouvent dans des situations de très grande vulnérabilité et nécessitent les services de la maison d’hébergement pour une  période de temps plus longue. L’augmentation de la durée du séjour limite directement la capacité de la maison à recevoir un plus grand nombre de femmes alors que les ressources sont déjà utilisées par les clientes. L’augmentation de 40%  de la durée du séjour est en lien direct avec la diminution de 27% du nombre total de femmes.

Pour appuyer ces observations, une brève analyse des 10 plus longs séjours et des 10 plus courts séjours à la maison d’hébergement est nécessaire. Les dix plus longs séjours en hébergement cette année étaient de 61 à 91 jours.En effet, les dix femmes dont il est question se trouvaient dans des situations extrêmement précaires : 100% étaient immigrantes, dont 50% étaient nouvellement arrivées au Canada; 7 étaient mères de 1 à 3 enfants, une des femmes était enceinte et une autre a donné naissance durant son séjour à la maison; la moitié de ces femmes (50%) présentaient des problèmes linguistiques majeurs. Inversement les 10 plus courts séjours étaient de 1 à 2 jours.  La majorité de ces femmes étaient des citoyennes canadiennes francophones (70%). Le 30% restant étaient nées à l’extérieur du pays, mais avaient un statut permanent au Canada (2 étaient citoyennes, 1 était résidente permanente). 30% de ces femmes avait 1 à 2 enfants. Alors que les mères de ce groupe étaient nées au Canada, nous faisons l’hypothèse qu’elles étaient en mesure de trouver des ressources dans leur communauté ou auprès de leur famille, cela leur permettant de quitter la maison d’hébergement plus rapidement.

Conséquemment à ces observations, nous pouvons croire que la durée du séjour est déterminée pas la précarité des femmes et leurs difficultés d’accès à des ressources.  Ainsi, les facteurs de risques qui favorisent une augmentation de la vulnérabilité sont : le statut d’immigration, les habiletés de langage, la maternité et la grossesse.

NATURE DES PROBLÈMES 

Parmi les 56 femmes hébergées cette année, 88 % d’entre elles ont été violentées par leur conjoint actuel, 5% ont été harcelées et menacées de façon constante par leur ex-conjoint et 7%  ont expérimenté la violence dans un contexte familial.

Nous hébergeons des femmes qui ont vécu divers aspects de la violence. Parmi les femmes que nous avons reçues cette année,  88%  ont été victimes de violence physique. La totalité (100%)  ont vécu la violence psychologique et/ou verbale. La violence sexuelle et la violence économique sont également présentent dans une proportion alarmante :

 

 

Forme de violence

Pourcentage

Violence psychologique/verbale

100%

Violence physique

88%

Violence sexuelle

34%

Violence économique

43%

Il est a noté que seul un très faible pourcentage des femmes (5%) ont expérimenté une seule forme de violence. La plupart d’entre elle ont subi 2 formes de violence (41%) voir même 3 formes de violence (38%) parmi celles mentionnées plus haut. Malheureusement un nombre important de femmes (16%) ont été victimes de toutes les formes de violence alors qu’elles étaient admises à la maison d’hébergement, elles étaient violentées par leur conjoint ou un membre de la famille physiquement, sexuellement, psychologiquement et économiquement. Il est pertinent de constater que la violence psychologique était présente dans tous les cas cette année comme l’année passée. Cela accentue clairement la différence qui existe entre  « conflit dans le couple » et violence conjugale, cette dernière se manifestant dans un cycle de violence et de contrôle.

Parmi les manifestations de violence psychologique, les femmes rapportent le plus souvent : des menaces de mort et des menaces de coups; de l’intimidation physique (casser des objets dans la maison, les lancer contre le mur, se faire crier après), des insultes et d’autres formes de dénigrement et d’humiliation.

SOURCES DE RÉFÉRENCES

 Les femmes reçues cette année nous ont été référées par divers organismes et individus. 43% nous ont été référées par S.O.S Violence conjugale; 25%  ont été référées par d’autres maisons d’hébergement, 18% de CLSC, d’hôpitaux, de la police et d’organismes communautaires, 11% par les services à l’externe, par des femmes hébergées et certaines sont venues d’elles-mêmes. 

TABLEAU 4 : SOURCES DE RÉFÉRENCES

 

 

Source

Nombre

SOS Violence Conjugales

24

Autres maisons d’hébergement

14

CLSC

3

Hôpitaux

1

Police

1

Organismes communautaires

5

Services à l’externe

2

Référées par des femmes hébergées

1

Elles-mêmes

3

Autres

2

Total

56

À PROPOS DES CONJOINTS VIOLENTS OU DES MEMBRES DE LA FAMILLE :

Au moins 46% des hommes ont des problèmes de consommation de substances (dépendance à l’alcool et à la  drogue). Le nombre exact n’est pas connu pour deux raisons : certaines des femmes choisissent de ne pas révéler d’informations au sujet de leur conjoint ou des membres de la famille; dans de rares cas, la durée du séjour était trop courte pour recueillir  ce type d’information. Toutefois sur les 56 clientes, 48 ont révélé les origines ethniques de leur conjoint ou celle des membres de leur famille. Ainsi, 39% des hommes étaient canadiens, alors que 61% provenaient de 22 différentes communautés ethnoculturelles, nous pouvons en citer certaines : italienne ( 8%), indienne ( 6%), afghane ( 4%), algérienne ( 4%), colombienne ( 4%), etc. de manière intéressante, alors que les données étaient disponibles pour les deux partenaires, (pour 44clientes), il a été observé qu’un nombre significatif de couples ne provenait pas du même pays d’origine (45%). Ceci est une donnée importante car cela démontre que les différences culturelles peuvent avoir une incidence dans le cadre des relations abusives.

OBSERVATIONS

Les femmes victimes de violence de la part de leur conjoint qui ont utilisé nos services n’étaient en général que très peu informées de leurs droits et des ressources disponibles.  Selon les observations de nos intervenantes, les femmes étant le plus susceptibles de ne pas connaître leurs droits au Canada sont celles qui vivent de l’isolement social de la part de leur conjoint. Cette situation place les femmes en très net désavantage, particulièrement celles provenant des communautés ethnoculturelles.

Toutefois, récemment nous avons été témoin d’une augmentation du nombre de femmes qui portent plaintes. 45% de toutes les clientes avaient déjà porté plainte avant d’arriver à la maison d’hébergement, et 64% d’entre elles étaient des femmes immigrantes. Qui plus est, durant leur séjour à la maison d’hébergement, les femmes décident de porter plainte à partir du moment où elles reçoivent de l’information sur leurs droits et sur les procédures policières et judiciaires.  Nous avons également remarqué qu’il y’a eu une augmentation significative depuis l’année passée concernant le niveau d’éducation des femmes. Cette année 47% de notre clientèle ont poursuivi de hautes études et sont détentrices de diplômes collégiales et universitaires, d’ailleurs l’une d’entre elles était détentrice d’un doctorat. Cela démontre clairement que le niveau d’éducation n’est pas un facteur préventif et que la violence conjugale peut arriver à toutes les femmes, même si elles ont un niveau d’éducation élevé.

Concernant le statut d’emploi, une grande partie des femmes hébergées était à la maison et peu d’entre elles se trouvaient sur le marché de l’emploi. Selon les observations des travailleuses de la maison d’hébergement, il y avait plusieurs raisons à cette situation : le comportement contrôlant du conjoint violent peut parfois aller aussi loin qu’interdire à la femme d’aller travailler ou à l’école. La grossesse et les jeunes enfants, limitent la capacité des femmes à travailler à l’extérieur de la maison (cette année 52% des enfants avaient de 0 à 4 ans); certaines femmes expérimentent plusieurs symptômes de stress post-traumatique et d’autres conditions médicales qui sont la résultante de la violence vécue (physique, sexuelle, psychologique), ces femmes ont besoin de temps pour récupérer. Malheureusement, le fait que ces femmes restent à la maison, place certaines d’entre elles dans une situation de dépendance économique vis-à-vis de leur conjoint, ainsi 11% des femmes n’avaient aucune source de revenu à l’exception du revenu de leur conjoint.  Au total, 27% de notre clientèle ont bénéficié du Bien Être social avant d’arriver à la maison d’hébergement. Néanmoins, un nombre important de femmes étaient en mesure d’être indépendante économiquement, 27% avait une source de revenu provenant d’un salaire ou d’une allocation de revenu (assurance emploi, CSST, et.) 

SERVICES OFFERTS À LA MAISON D’ATHÉNA

  • Consultations individuelles : cette année, nos intervenantes ont fait 364 consultations. Alors que cela représente une diminution de 17% comparativement à l’année passée, certaines consultations coïncident avec la diminution de 27% du le nombre total de femmes hébergées.
  • Accompagnements – Nos intervenantes offrent aux clientes de les accompagner à des rendez-vous, tels la Cour, l’Aide juridique, l’Aide sociale,  programmes d’emploi et autres. Cette année, nos intervenantes ont fait 103 accompagnements, ce qui représente une augmentation de 8 % comparativement à l’année dernière.Cette augmentation suggère que les femmes avaient davantage besoin de soutien et de plaidoirie ce qui illustre un accroissement de la vulnérabilité des clientes cette année.
  • Consultations téléphoniques– Les intervenantes ont géré 7 845 appels cette année. De ces appels 3124 étaient des consultations avec des victimes de violence soit des résidentes, des ex-hébergées et des femmes qui ne résidaient pas à la maison d’hébergement.
  • Thérapie par l’art– les consultations individuelles et les groupes de thérapie par l’art sont des moyens de communication accessibles pour les enfants qui n’ont pas encore développé suffisamment d’habiletés langagières, pour les clientes qui ont vécu des traumatismes et qui sont incapables de s’exprimer avec des mots sur leur expérience  ou encore avec des clientes qui ne parlent ni le français ni l’anglais. Ces sessions ont lieu plusieurs fois par semaine à la maison d’hébergement par notre thérapeute d’art, Esther Kalaba et la durée varie de 30 minutes à2 heures dépendamment du format de la session. Au total, il y a eu 117 sessions en individuel (66 avec des femmes et 51avec des enfants)  et 24 sessions de groupes. le format des sessions de groupe inclus les familles, les groupes constitués de femmes, d’enfants ou des groupes plus hétérogènes constitués avec des familles et d’autres femmes et enfants.
  • Clinique légale– Chaque cliente a l’opportunité de consulter une étudiante de la Faculté de Droit de l’Université McGill. Le mandat de l’étudiante n’est pas de donner des conseils d’ordre juridique, mais de renseigner les clientes quant à leurs droits. Quand ces dernières décident d’exercer leurs droits, nous les référons soit à l’aide juridique, soit à un avocat. Cette année, l’étudiante légale a offert11 cliniques d’informations.
  • Activitésd’information – Nous offrons des activités d’information sur les différents aspects de la violence conjugale. Ces activités permettent aux résidentes de parler de leur expérience. Nos clientes apprécient grandement ces activités qui durent en moyenne 2 heures chacune. Nous utilisons souvent nos vidéos multilingues, produites par le Bouclier d’Athéna qui abordent le processus policier et les ressources existantes. Il y a eu un total de 13 sessions d’information sur la violence conjugale et 40 femmes ont bénéficié de ce service. Ces activités permettent aussi de démystifier le réseau de services sociaux actuel et les lois en vigueur.
  •  Thérapie par l’art dramatique– Ces sessions aident les femmes hébergées a raconté leur histoire, résoudre leur problème et extérioriser leurs sentiments à travers des jeux de rôles et des exercices d’art dramatique. Nous avons eu 4 sessions de thérapie par l’art dramatique et au total 4 femmes ont participé.  
  •  Assistance économique– Il peut arriver que nos clientes arrivent à la maison d’hébergement avec peu ou pas du tout d’effets personnels.  Nous leur offrons une assistance économique en leur donnant des vêtements neufs ou usagés. Chaque hébergée (56 femmes) a reçu une trousse de bienvenue pour elle et ses enfants (brosse à dent, dentifrice, savon, shampoing, anti-sudorifique et autres) en plus des vêtements. De plus grâce à notre cuisinière et une bénévole, nous avons pu livrer de la nourriture à 11 ex-résidentes et 14 enfants après leur départ de la maison d’hébergement.  
  • Démystification du réseau des services sociaux et juridiques Ce service spécialiséest offert sur une base régulière. Cette année14% de notre clientèle éprouvant des problèmes majeurs d’ordre linguistique ont reçu de l’information en langue maternelle. Ces femmes, provenant des communautés culturelles sont doublement vulnérables, puisque la plupart présente des problèmes d’ordre linguistique et culturel les empêchant de connaître leurs droits et d’accéder aux services de santé et aux services sociaux.    
  • Service de plaidoirieCe service est également offert sur une base régulière et est intégré aux services d’accompagnement (103 accompagnements) et de soutien auprès des diverses instances gouvernementales, juridiques ou autres. La plaidoirie est nécessaire lorsqu’il ya des barrières culturelles et linguistiques importantes qui limitent l’accès aux services et aussi pour les femmes qui n’ont pas les moyens de se défendre et qui ont besoin du soutien  des travailleuses sociales de la maison d’hébergement pour plaider leur cause. 
  • Service de suivi dès qu’une cliente s’apprête à quitter la maison d’hébergement, elle est dirigée vers nos services offerts à l’externe où elle bénéficie, si elle le désire,  d’un service de suivi pour elle-même et ses enfants. Cela  inclus des consultations, du soutien économique et l’aide quant à leurs démarches légales.  Cette année 11 clientes ont bénéficié de ce service à l’un ou autre de nos points de service (Montréal et Laval) suite à  leur départ de la maison d’hébergement.

ACTIVITÉS POUR FEMMES ET ENFANTS 

Cette année la Maison d’Athéna a mené diverses activités telles :

  1. 1 sortie à la cabane à sucre (11 participants)
  2. 1 journée de journée de bien-être, à l’école de coiffure Tornade  (3 participantes)
  3. 1 sortie au marché aux puces (4 participantes)
  4. 1 chasse aux œufs de Pâques pour les enfants ( 4 participantes)
  5. 3 séances de cinéma sur les questions de femmes ( 7 participantes)
  6. 1 sortie à ‘ Aventure dans la jungle.  ( 5 participantes)
  7. Park Outings (4) ( 10 participantes)
  8. Célébration de Noël ( 8 particpantes)
  9. 1 session d’activités manuelle ( 2 participantes)
  10. 1 sortie au concert des Moonlight Girls à l’Église Unie (4 participantes)
  11. 4 séances de yoga (12 femmes)
  12. 3 activités pour la journée internationale des femmes (10 participantes)

Au total 22 activités ont été organisées et 80 femmes et leurs enfants ont participé. Ces activités ont pour but de favoriser la cohésion du groupe, de renforcer l’estime de soi et de stimuler la créativité. 

Groupe de discussion « Média »

Les travailleuses sociales ont complété 3 groupes de discussion « média » avec un total de 7 participantes. Les animatrices ont présenté du matériel audio visuel  sur la violence conjugale. Les discussions étaient centrées sur les sentiments et les émotions éprouvés lors du visionnement de ces vidéos.

Formation

Nos travailleuses sociales  ont participé à 7 formations (86 heures) sur l’agression sexuelle, les services correctionnels, les enfants exposés à la violence,.etc.

Sensibilisation communautaire

Nos travailleuses sociales et nos intervenantes ont contribué au programme de sensibilisation communautaire du Bouclier d’Athéna dont le but est d’informer la population sur la problématique de la violence conjugale et de promouvoir les services d’intervention offerts par l’organisme. Au total, les intervenantes ont participé à 12 sessions d’information où 236 personnes ont pris. Les communautés approchées sont les suivantes : arménienne,  italienne, hispanophone, haïtienne, philippine, québécoise anglophone et francophone.

 

Les étudiantes

Les étudiantes représentent une partie importante de notre travail et apporte une contribution inestimable. Alors que nous offrons un environnement d’apprentissage riche qui bénéficie d’un encadrement constructif par notre équipe, elles apportent leur énergie et leurs idées innovantes. Cette année nous avons accueillie 5 étudiantes à la maison d’hébergement provenant de diverses institutions et de niveau différents ( collégial et universitaire) : Université McGill, Université Concordia, Collège LaSalle et Collège Ahunstic. Nous les remercions pour leurs précieuses contributions à la Maison d’Athéna.  

 

SERVICES ET ACTIVITÉS À LA MAISON D’ATHÉNA POUR MÈRES ET ENFANTS 

A) SERVICES ET ACTIVITÉS POUR LES MÈRES

Groupes de développement d’habileté parentale

  • Objectif: Aider les mères à comprendre l’impact de la violence sur leurs enfants et présenter les différentes méthodes recommandées pour aider les enfants. Cette activité a été offerte 3 fois au profit de 7 participantes.

B) SERVICES ET ACTIVITÉS POUR LES ENFANTS

Consultations pour les enfants

  • Objectif: aider les enfants à exprimer leurs sentiments au sujet de la violence à l’intérieur de la famille. pour faciliter la communication, les consultations peuvent parfois comprendre des activités de dessins ou des jeux de marionnettes. Au total il y a eu 22 consultations et 9 enfants âgés de 3 à 13 ans ont pu en bénéficier.

c) rencontre familiale

  • Objectif: Permettre aux mères et à leurs enfants d’accroître leur connaissance concernant les problématiques qu’ils ont vécues à la maison et comment ils peuvent les gérer. Permettre de renforcer les liens entre les mères et leurs enfants. De plus ces rencontres renseignent les enfants sur le cycle de la violence. Cette activité a été donnée à 9 reprises, 6 femmes et 11 enfants ont participé.

 d) service de halte-répit

  • un service de halte-répit a été offert tant aux femmes hébergées qu’aux clientes des services à l’externe et aux ex-résidentes à notre bureau de Laval. 5 femmes et 7 enfants.

LA NOURRITUREÀ LA MAISON D’ATHÉNA

À la Maison d’Athéna, nous tentons de donner à nos résidentes un environnement des plus confortables. La meilleure façon d’y parvenir est de leur offrir une alimentation qui leur est familière et ce peu importe leur culture. Chaque fois qu’une nouvelle cliente arrive à la maison, les travailleuses de la maison d’hébergement  vérifient les antécédents médicaux et leur besoins relativement à leur régime alimentaire. Pour les femmes pratiquantes provenant de la communauté musulmane nous offrons de la viande hallal alors que pour les femmes provenant de la communauté juive, nous offrons de la viande kasher; nous proposons des  plats végétariens aux clientes provenant des communautés sud asiatiques et autres. La plupart des menus proposés sont le reflet de réalités culturelles, religieuses et médicales. Dans l’ensemble, le Guide alimentaire canadien est utilisé pour élaborer  les menus et aussi pour  promouvoir les pratiques d’une saine alimentation. De plus, notre cuisinière implique également les résidentes et leurs enfants lors de la préparation des repas afin de créer un environnement chaleureux et convivial.

En mangeant avec les clientes, les travailleuses peuvent développer des lien et avoir un aperçu de la vie des femmes dans un autre contexte, cela favorise aussi les liens avec les enfants. En impliquant les femmes à différents niveaux de la préparation de nourriture permet de promouvoir également un sentiment d’attachement et d’appartenance.